Patrimoine Aquitain de l'Education

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Monographie de l’Ecole normale d’Institutrices d'Adèle Dollé

  • Auteur
    Adèle Tourret, épouse Dollé
  • Date
    20 août 1899
  • Type d'archives
    Manuscrit
  • Lieu concerné
    Ecole normale d'institutrice de Pau

Adèle Tourret fut l'épouse de Ferdinand Dollé, professeur à l'école supérieure professionnelle St-Cricq à Pau après avoir enseigné à l'école alsacienne de Paris. Originaire de Nîmes, elle devient en 1887, la première directrice de l''Ecole Normale de Pau. Promue dans la troisième classe comme directrice de l'Ecole normale de Pau en 1893, elle devient officier de l'instruction publique par decret du 24-12-1888 et du 4-8-1908.



 

Pau, le 20 août 1899

Monographie de l’Ecole normale
d’Institutrices

                Il faut remonter jusqu’en 1838 pour trouver l’origine de l’Ecole normale d’Institutrices de Pau.
                En 1838, 1839 et 1840, le Conseil général des Basses Pyrénées vote une somme de 1800f destinée « à l’instruction des personnes qui désirent devenir institutrices dans le département » En 1842, le budget départemental affecte à cet objet un vote annuel de 2300 f savoir :
                1500 f  pour l’entretien de 10 boursières ;
                300 f  d’indemnité à la directrice en chef ;
                500 f  de traitement à la maîtresse chargée du cours.
A cette époque l’école est appelée « Ecole préparatoire des Institutrices du département » et cette école continue, comme en 1838 à être annexée à l’école communale dirigée par Melle Gouzet – les cours ayant lieu dans une salle séparée
                Les 10 bourses sont réparties par égale portions aux cinq arrondissements et toutes les boursières sont pensionnaires chez Melle Gouzet, aux frais de cette dernière qui perçoit la somme annuelle de 150 f  pour chaque boursière.
De plus, chaque boursière doit verser une somme de 8 f,50 par mois entre les mains de la directrice pour complément de frais qui sont à sa charge
                La gratuité, même pour les boursières, n’était donc pas complète. On peut se demander aussi comment avec 23 f,50 par mois et par tête cette directrice pouvait nourrir, chauffer et éclairer ses pensionnaires
Evidemment l’organisation matérielle de cette « Ecole préparatoire des Institutrices » n’était pas brillante.
                Que réclamait-on aux jeunes filles pour jouir du privilège de cette bourse ?
1°  Etre âgée de 18 accomplis et appartenir à une famille habitant le département ;
2°  Etre munie d’un certificat de moralité et d’un certificat de médecin ;
3°  Prouver par le résultat d’un examen qu’elle sait lire et écrire, qu’elle peut répondre sur les éléments de la grammaire française, qu’elle connaît suffisamment les principes de sa religion et qu’elle peut exécuter les 4 opérations fondamentales de l’arithmétique sur les nombres entiers.

                Chaque élève-boursière contractait, en acceptant la bourse, l’obligation de servir pendant 10 ans dans l’instruction publique comme institutrice privée ou communale dans l’une des communes rurales ou chefs lieux de canton du département. Mais elle ne pouvait s’établir comme institutrice privée dans les villes de Pau, Bayonne, Oloron, Orthez, Mauléon, St Palais, Nay, St Jean Pied de Port, St Jean de Luz, Salies et Navarrenx sans la permission du Préfet ou bien après l’expiration de son engagement. Cette permission n’était accordée que dans des cas exceptionnels et sur la demande spéciale des conseils municipaux.
                Pourquoi, en permettant de remplir l’engagement décennal dans l’enseignement privé, interdire les villes ci-dessus désignées. A notre avis, c’est que dans des centres tels que ceux-là une institutrice privée aurait eu des bénéfices plus grands que dans l’enseignement communal et que toutes auraient essayé de s’établir à leur propre compte dans ces villes Ainsi l’enseignement communal aurait été abandonné par les boursières. Nous comprenons cette crainte de la part de l’administration départementale, mais il eût été préférable de ne pas ouvrir la porte à la faveur par des permissions exceptionnelles.
                Par qui cette « Ecole préparatoire était-elle surveillée ? Par une Commission de cinq membres, renouvelée chaque année par cinquième et nommée par le Préfet
Cette Commission était appelée à donner son avis sur tout ce qui avait rapport à l’administration et à la discipline
Cette Commission faisait passer l’examen d’admission.
Elle proposait les mesures qu’elle jugeait utiles pour le bien de l’école et les progrès des élèves.
Elle visitait l’école, interrogeait les élèves sur tous les objets d’enseignement et prenait note de leurs réponses.
Elle vérifiait les registres tenus par la directrice et sur lesquels celle-ci devait inscrire des notes sur le caractère, la conduite des élèves et leurs progrès.
Elle vérifiait les états mensuels que dressait la directrice pour constater la présence des élèves boursières
Enfin le Préfet ne renvoyait une élève, pour faute grave, qu’après un rapport de la Commission.

                Comme on le voit les attributions de cette Commission s’étendaient sur le matériel, sur l’enseignement, sur la moralité et sur la comptabilité de l’école. Elle était toute puissante.
                La surveillance était encore exercée par un Comité de dames, nommé par le Préfet, et spécialement appelé à encourager, par des visites fréquentes, les futures institutrices, et à veiller à ce que leurs études et la direction morale qu’elles recevraient fussent conformes à l’état qu’elles se proposaient d’embrasser.
                Une réunion générale des deux commissions devait avoir lieu dans les dix premiers d’août. Un rapport était ensuite adressé au Préfet.
                On ne voit pas bien l’utilité de ce Comité de Dames concurremment avec la Commission de surveillance Il serait curieux de lire les délibérations de ces commissions Y avait-il entente ? Qui l’emportait de la Commission ou du Comité ?
                L’Ecole resta sous le même régime de 1842 à 1867 Elle fut successivement dirigée par Mme Mas et Melle Dufau Cette dernière remit sa maison à Mme Guy en 1867.
                Le règlement de l’Ecole fut, à cette époque, légèrement modifié. D’abord l’Ecole préparatoire reçut le nom de Cours normal
Il y eut des bourses de l’Etat et du département
L’âge pour l’examen d’admission est abaissé : Les aspirantes devaient avoir 16 ans au moins – Les conditions d’admission restant les mêmes qu’en 1842 – Les boursières doivent accomplir leur engagement décennal dans l’enseignement communal seulement
                Les attributions de la Commission de surveillance restent les mêmes, mais le Comité des Dames est supprimé La bourse annuelle est de 350 f
                Le Cours normal perdit vers 1872 son caractère laïque et passa des mains de Mme Guy entre les mains des Dames de St Maur qui l’ont gardé jusqu’en 1883.
                M. Audray, alors inspecteur d’Académie à Pau, insista pour obtenir la création d’une Ecole normale Il eut à subir l’opposition du Conseil général. Celui-ci n’accueillait pas une proposition qui lui semblait inutile et qui tendait à grever les finances du département.

Les frais de construction lui furent imposés d’office
Cependant les travaux étant systématiquement retardés, M. Audray fit louer à Bizanos une vieille fabrique de linge abandonnée par M. Tourmier. Il la fit aménager sommairement pour y installer à titre provisoire une école normale.
                Les boursières du département entrèrent dans cette école le 9 décembre 1883 sous la direction de Melle Sicre, élève de Fontenay, et déléguée dans ses fonctions.
                Melle Sicre fut remplacée en 1884 par Melle Thomas.
                L’Ecole ne fut transférée dans les nouveaux bâtiments à Pau qu’en 1887 sous ma direction Depuis 1887, la direction de cette école m’a été confiée.

La Directrice,
           A. Dollé née Tourret

  • Lieu d'archivage
    IUFM de Pau
  • Références

    Archives en ligne du Centre d'études du protestantisme béarnais. http://www.cepb.eu/Fonds/Repertoire_documents_tome1.pdf (Consulté le 4 juin 2012)
    Journal des Instituteurs n° 16 du 16 avril 1893 & n° 46 du 9-8-1908 ( numérisé par l'INRP).

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